20 000 lieues sous les eaux

Posted on 5 juillet 2011

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Plonger en scaphandre, c’est possible en Franche-Comté. Inédite et originale, cette pratique est proposée par l’association Scaph 25 dans la piscine Mallarmé de Besançon. Au milieu d’apnéistes et de plongeurs, j’ai pu profiter de cette expérience unique au fond du grand bain !

Article à retrouver dans le numéro 95 du Pays Comtois. Abonnez-vous !

La première image qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai appris que j’allais plonger en scaphandre, c’est celle d’un album de Tintin : « Le Trésor de Rackham le Rouge« . Dans mon cas, pas de mer, de requin, ni de trésor, sauf celui de réussir cette plongée. Car à vrai dire, voilà bien un milieu dans lequel je ne suis pas forcément à l’aise. Les associations Scaph 25 et Aquasport comtois (pour l’encadrement) ont joué le rôle des Dupond et Dupont en m’assistant. Beaucoup moins maladroitement, heureusement ! Tout a commencé à la prise de contact avec Pierre Chenu, médecin et passionné de scaphandre en tout genre, soucieux et précis dans ses conseils et explications. Une fois le questionnaire médical soigneusement rempli, direction la piscine Mallarmé. Tout d’abord, nous prenons soin de décharger le matériel : chaussures de 10 kg pièce, plombs de 15 kg pour lester le scaphandrier, casque américain Mark V en étain de 25 kg (le club en possède aussi des japonais, anglais, français… 12 au total !), tuyaux d’arrivée d’air, combinaison, radio… Sans oublier les bouteilles de plongée ! Du joli matériel (7 000 € environ) au look forcément rétro. « Le matériel le plus ancien, c’est le meilleur, s’exclame le président de Scaph 25. Un siècle après il fonctionne toujours« .

 80 kilos d’équipement !

Je fais connaissance avec les « ours » (les aides) qui m’accompagnent : Maurice, plongeur assistant, Philippe, surveillant de surface et Bernard, assistant. Avec un peu d’appréhension sur la suite des opérations, je questionne les plongeurs sur le déroulement et sur la technique. « L’arrivée d’air est régulée par une vanne fixée à portée de main du scaphandrier, m’explique-t-on. Pour purger l’air, il y a une soupape à l’intérieur du casque à pousser avec le menton. Tu dois l’activer quand tu sens que tu commences à gonfler« . Voilà des sensations et réflexes à adopter qui me semblent bien abstraits puisqu’ils me sont inconnus. Au beau milieu de la piscine, j’enfile ma peau de bouc : un look à la cosmonaute qui ne passe pas inaperçu ! Collerette, casque, la pose du matériel prend du temps et il faut minimum deux personnes pour ce faire. Une fois le casque sur ma tête, la première impression est plutôt intrigante : comment vais-je pourvoir rester enfermer là dedans ? Une fois le hublot clos, je n’entends plus aucun son de l’extérieur. J’admets un premier petit filet d’air avec le robinet pour pouvoir respirer et je m’entraîne à actionner la purge de menton. Désormais le seul contact que j’ai est celui avec Philippe, par le biais de la radio.

 Banc de plongeurs à 4 m  

Une bonne inspiration et je décide de me jeter à l’eau, enfin doucement. Avec plus de 80 kgs sur le dos, les déplacements sont tout de suite plus difficiles. J’accède donc à l’échelle et descends petit à petit les échelons avec l’aide des assistants. Je commence à sentir l’eau qui me comprime mais me sens vite rassurer par ces sensations et par les explications venant de la radio filaire. Comme un poisson (ou plutôt une baleine !) dans l’eau, je profite de ce spectacle unique. Du petit bain (2m de plongeur), je me dirige au ralenti vers le grand (4 m) en indiquant à Maurice le plongeur, par le signe « OK », que tout va bien. Au fond de la piscine, une petite dizaine de plongeurs et apnéistes de l’Aquasport comtois nagent tout autour et se rapprochent de mon hublot, plutôt étonnés de découvrir ce plongeur inhabituel ! A ma grande surprise, le confort est assez bon sous l’eau et le système de respiration et la visibilité me permettent de profiter pleinement du milieu aquatique. Après différents mouvements, grimaces aux photographes, et discussions avec Philippe, je fais signe à mes assistants et décide de remonter après une bonne demi-heure de plongée en ayant consommer que très peu d’air. La remontée sur l’échelle est physique, le retrait du casque, oxygénant, et les impressions, bonnes. Un baptême qui m’aura donné envie de goûter de nouveau à la plongée. Qui l’aurait crû ? Pas moi en tout cas !

 

Une pratique rare en France !

 Depuis que l’association Scaph 25 propose des baptêmes de plongée, elle a accueilli à Besançon des curieux et passionnés venant de tout l’Hexagone. « Des personnes de Marseille, Nice et Antibes sont même venues jusqu’ici », ajoute Pierre Chenu. Aussi curieux que cela puisse paraître, il n’existe pas dans le sud de la France, de clubs qui proposent des plongées régulières en scaphandre. «  L‘APL (l’Association des Pieds Lourds Vendéens) avec qui j’ai de bons contacts, a une activité importante mais sinon je n’en connais pas d’autres. Nous sommes deux ou trois associations par pays, c’est tout », poursuit-il. Faire réviser son matériel relève aussi du parcours du combattant : « il y a très peu de personnes qui peuvent faire de la maintenance ». Parfois, il faut donc renvoyer son casque dans son pays d’origine (Etats-Unis, Japon…) pour le faire réparer. La plongée en scaphandre reste donc une discipline encore bien trop discrète. « II n’y a pas d’assurance pour cette pratique, elle n’est pas reconnue par la fédération de plongée », regrette le président des Scaph 2.

 

Y aller : Baptêmes de plongée tous les jeudis des semaines paires à 20h au tarif de 30 €. pierrechenu@aol.com

Surfer : www.scaph25.com & www.aquasportcomtois.fr

  

Texte : Simon Daval – Photos : Jean-François Lami et Scaph25 

 

 

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