« Je n’insulte et ne mords personne ! »

Posted on 31 mai 2011

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 Champion du monde d’Europe (2009) et du Monde (2010) de Kick-Boxing, vice champion du Monde de Thai-Boxing (2008)… David Radeff n’en finit plus de collectionner les titres. Pourtant, il est peu connu en France et dans la région. La faute à un cruel manque de médiatisation.

 Gymnase du Monceau à Valdoie. Un peu avant 20h, un grand gaillard, 1m81, 91 kg, sac de sport à la main, arrive sur le parking. Entre deux combats et voyages, nous avons réussi à rencontrer David Radeff, boxeur professionnel Belfortain. Il donne des cours bénévoles ici quasiment toutes les semaines. Russie, République Tchèque, Roumanie, Bulgarie, Floride, Italie, Angleterre, Pays de Galles, la liste des pays où le surnommé « The Red Griffin » est allé boxer est longue. Il se prépare d’ailleurs à effectuer un stage de Kick- Boxing à Los Angeles, et revient tout juste de Thaïlande. Il a participé au Grand Prix « Quest For Honor », une émission télé aux allures de télé-réalité, axée sur le Kick-Boxing (95 kilos). « Le concept est connu dans le monde entier, et j’ai été choisi pour faire parti des 16 meilleurs mondiaux », se réjouit David. Représentant la France, ce fut pour lui une « bonne expérience », l’occasion de se « confronter à des pointures ». Equipes, caméras, affrontements, éliminations directes, charmantes coach, 30 000 $ de prix pour le vainqueur… Tiens-donc. « Ce n’est pas de la télé-réalité, se défend David, l’émission, réalisée par des organisateurs de boxe a plutôt pour but, de médiatiser la discipline. Nous n’étions filmés qu’une heure par jour pendant l’entrainement, et un quart d’heure en interview. Mais imaginez 16 boxeurs ensemble… Ca a donné lieu quand même à quelques bonnes engueulades ». Tourné en anglais, « Quest For Honor » sera diffusé pendant l’été, un peu partout dans le monde. Quelques « petites chaînes » françaises devraient normalement acheter et diffuser le programme.

  

Un combat quotidien

 Si la discipline passionne les foules dans certains pays -notamment aux Pays-Bas, le fief du Kick-Boxing-, c’est bien loin d’être le cas dans l’Hexagone. Et celui qui a commencé en boxe française à l’ASPTT de Belfort en est bien conscient. « L’autre jour, raconte-t-il,une dame me disait encore :  » C’est bizarre, vous êtes champion et je ne vous connais pas ». Je lui ai demandé :  » Mais qui connaissez-vous en boxeur ? « . Elle a répondu :  » Mohamed Ali, c’est tout » ». Ce sport – comme d’autres d’ailleurs- n’est pas assez médiatisé et « en France, tout est interdit, c’est difficile d’obtenir des autorisations pour organiser des matchs, il faudrait que les fédérations se mettent d’accord, qu’il y ait des personnes fiables ». Souvent aussi, les sports de combat sont assimilés à de la violence. A tort selon le champion – qui a quand même quelques « blessures de guerre » à nous montrer – : « les gens ont des idées arrêtées sur les sports de combat. Ce n’est pas parce qu’il y a des affrontements et des duels que c’est un sport de bourrins. Des personnes de tous les âges viennent boxer en entrainement, des femmes aussi pour se maintenir en forme, se donner confiance. Ce sont des sports qui méritent d’être connus davantage. L’abnégation, le courage, l’honneur, on oublie souvent les valeurs qu’ils véhiculent. Les gens qui combattent sont respectueux et le font dans les règles. Quand je combats, je n’insulte et ne mords personne ». Celui qui a débuté par la boxe française à l’ASPTT de Belfort s’attèle donc aujourd’hui, à transmettre son savoir et son amour de la discipline. Ancien éducateur sportif, il boxe en professionnel depuis quelques années. « Mais boxer en A (en professionnel) ne veut pas dire forcément en vivre », souligne-t-il. « Trouver des sponsors, des aides, des partenariats, c’est du boulot et une perte de temps et d’énergie ». A croire que même dans ce monde-là, gagner sa vie est un combat. 

Surfer : http://davidradeff.com

Texte et photos Simon Daval

Article à retrouver dans le Numéro 214 (Juin 2011) du Journal Topo

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