Moriarty, de la chapelle à la prison !

Posted on 7 janvier 2011

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Découverts par le festival GéNéRiQ (organisé par les Eurockéennes de Belfort) il y a deux ans, les Franco-Américains de Moriarty (connus principalement pour leur titre Jimmy) étaient à l’affiche de l’édition TGV GeNeRiq en décembre dernier. Chapelle de Ronchamp, appartement à Montbéliard, temple Saint-Etienne à Mulhouse, abbaye à Baume-les-Dames ou encore Maison d’Arrêt à Belfort, le groupe a investi des lieux atypiques et conquis des publics différents. Rencontre avec Rosemary, la chanteuse, Arthur le guitariste et Stéphane le contrebassiste.

Pourquoi avoir eu l’envie de jouer dans des endroits si particuliers comme par exemple à la Chapelle Notre Dame du Haut en Haute-Saône ?

Rosemary : C’est nous qui avions demandé cet exercice quand les organisateurs nous ont dit que nous étions fil rouge cette année. Nous avons voulu jouer dans des lieux atypiques, c’est quelque chose que l’on adore faire. C’est une sorte de défi et surtout, cela permet de sortir de quelque chose d’installé comme on peut le voir dans des salles de concerts. Je trouve intéressant d’aller vers des gens qui ne seraient pas venus nous voir en temps normal.

 

Stéphane, vous qui êtes également architecte, comment avez-vous vécu ce concert ?

S. : Ce qui m’intéresse, c’est le rapport entre architecture et musique comme si c’était le même métier. J’y étais déjà venu plusieurs fois pour dessiner et pour essayer de comprendre. Le Corbusier, quand il a réalisé ce projet, disait que les formes y étaient acoustiques, comme si elles répondaient de manière musicale au site. C’est un peu intrigant comme énigme. Et c’était fantastique comme concert. Le son, l’architecture, la lumière, tout rentrait en harmonie.

 

Vous avez expérimenté ce genre de concerts dans des châteaux en ruines, anciens cinémas, vous allez bientôt jouer dans des thermes en Suisse. Que vous apportent ces expériences ?

R. : Nous aimons les lieux qui ont une histoire, qui ont une âme et qui ont quelque chose à raconter. Cela nous nourrit personnellement et apporte aussi à notre musique. Nous nous sommes rendu compte pendant la première tournée que c’était génial de faire toutes ces dates (200 concerts en France et une centaine à l’étranger) mais que par moment aussi, on voulait aussi être un peu « hors cadre » quitte à ce que ça choque un peu les programmateurs. C’est toujours compliqué quand, la veille d’un concert, vous êtes dans une salle où vous avez un public debout et qui bouge, et le lendemain dans une salle où le public est assis. C’est juste très compliqué d’arriver à gérer cette différence.

Arthur : Pour les concerts en prison, les personnes qui sont présentes sont des volontaires, il y a déjà là une vraie démarche. Ce sont toujours des moments forts car nous apportons notre univers devant des gens qui ne nous connaissent pas. A Belfort, dans la salle de jeux, on a senti qu’on aurait pu partir, les emmener où on voulait. Sur un morceau, j’ai senti les gars qui répondaient présents. Si nous nous étions levés, dans les couloirs en courant et en tapant sur les barreaux, ils nous auraient suivis ! On a l’habitude de jouer dans des lieux différents tous les soirs, à chaque fois c’est un nouveau recommencement. C’est incroyable de se dire qu’on est là aujourd’hui dans une prison, hier dans un appartement en buvant du thé vert et en mangeant de la soupe bio à la tomate, et demain devant des enfants dans un cinéma !

Ces concerts vous ont permis aussi de tester vos nouveaux morceaux….

R. : Oui, on fait un peu tout à l’envers, on n’a pas encore enregistré de disque mais on présente les nouveaux morceaux sur scène.

A. : C’est un bon test : on joue devant des publics différents et cela nous permet de voir les morceaux qui sont forts pour n’importe qui.

Vous allez sortir votre prochain album au printemps 2011 avec votre propre label Air Rytmo (anagramme de Moriarty). Pourquoi avoir voulu ce côté indépendant ? Quelle couleur aura ce futur disque ?

A. : C’est très important de garder les pieds sur terre, de faire les choses soi-même, d’aller à la fin des concerts dire bonjour aux gens, de prendre le temps tout simplement.

R. : L’album sera assez différent, c’est un peu comme si on avait mis les doigts dans la prise… Le micro-unique aura toujours sa place et on continuera aussi à développer le côté acoustique mais le corps sera un peu plus… électrocuté !

Propos recueillis par Simon Daval

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