Libre comme l’air !

Posted on 10 décembre 2010

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Certains m’envient, d’autres se demandent encore quelle mouche a bien pu me piquer… Une chôse est sûre, je ne suis pas prêt d’oublier ce saut en parachute tandem qui m’a gratifié de sensations inouïes et d’une bonne poussée d’adrénaline. Pour accomplir cet exploit, direction l’aérodrome de Courcelles-lès-Montbéliard où m’attendaient les instructeurs de l’école de parachutisme nord Franche-Comté.

Article à retrouver dans le Magazine Pays Comtois Numéro 88 (20 janvier – 20 mars 2010) 

 
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Ce samedi matin à 9 h, je rejoins Guy Rossat, président et directeur technique de l’École de parachutisme Nord Franche-Comté (ÉPNFC), qui m’accueille chaleureusement avec un bon café. Après une visite des locaux spacieux (500 m²), je rejoins le hangaravec Ervin Greiner, mon accompagnateur tandem. Lui a réalisé son premier saut à l’âge de 18 ans à l’armée ; avec moi aujourd’hui, il effectuera son 3 195e saut, son 89e en tandem. « Le parachutisme, c’est du plaisir qui me donne confiance en moi. Et quand on est vraiment à l’aise, on a envie de transmettre sa passion. Je me souviens avoir sauté avec des mamies de 75 ans en pleine forme », confie-t-il. Impatient, je lui pose la question des sensations. « Je préfère ne pas t’en parler et te laisser découvrir », me répond-il.

 La combinaison force rouge des Power Rangers

Après cette mise en bouche, place à la formation et à la découverte de l’avion. « En chute, tu seras accroché devant moi, nous allons donc descendre relativement vite. Dès qu’on va quitter l’avion, je vais sortir un ralentisseur. » Puis Ervin active un dispositif électronique qui, je l’avoue, me rassure bien : « J’ai réglé le parachute de secours ; si à 700 m, on est toujours en chute, il s’ouvrira automatiquement ». Nous nous plaçons en situation dans l’avion. Pas de grandes difficultés mais, à ma grande surprise, je découvre qu’une fois à 3 500 m d’altitude, je serai au bord de l’appareil, les pieds dans le vide avant qu’Ervin, dans mon dos et encore à l’intérieur, me donne l’impulsion…  Derniers préparatifs avant le grand saut, je m’équipe d’une combinaison force rouge des Power Rangers, de lunettes mouche, de gants roses et d’un casque en tête d’oeuf !

  

 De 3 500 m à 1 500 m à 200 km/h !

Ce matin-là, d’autres parachutistes sautent avant nous pour réaliser quelques figures imposées en vol relatif, l’une des nombreuses disciplines du parachutisme. Dans le deuxième « convoi », à nous cette fois de « débarquer ». Guy est aux commandes de l’avion, Jean-François, notre photographe, à ses côtés, et Christophe, caméraman amateur, s’élancera quelques secondes avant nous. Une grande inspiration et nous décollons. L’aiguille de l’altimètre sur le poignet d’Ervin m’indique l’altitude : 200 m, 500, 1 200… La pression commence à se faire sentir. Me voilà bien accroché à mon acolyte qui me rappelle : « N’oublie pas de laisser aller ton corps en arrière, la tête sur mes épaules et une fois au bord, de mettre tes jambes sous l’avion ». Le paysage est déjà magnifique, mais à vrai dire, j’ai un peu de mal à en profiter… À 3 500 m, l’avion se met en position horizontale, une lumière verte s’allume. Christophe sort et s’accroche hors de l’appareil. Un dernier coup d’oeil sur le stade Bonal et sur le Lion de Belfort au loin et quelques secondes après… je rugis… de plaisir ! Nullement tracassé par l’ouverture du parachute, je me laisse aller en chute libre en toute confiance, libre comme l’air, à surfer sur une vague de bonheur. Je fais signe au caméraman et crie mais la vitesse est tellement importante qu’elle me coupe la voix et que mes lèvres et mes joues s’agitent dans tous les sens. 30 secondes de bonheur de 3 500 m à 1 500 m à 200 km/h et le parachute s’ouvre déjà ; nous repassons brusquement en position verticale. Je reprends un peu mes esprits. En train de flotter, je contemple le magnifique paysage qui s’étale à mes pieds. Ervin s’assure que je vais bien, joue les guides touristiques et me laisse les commandes du parachute. Une fois redescendu sur la piste, petite gymnastique, genoux levés, jambes tendues pour un atterrissage tout en douceur… Avachi par terre, je respire un grand coup, conscient d’avoir vécu un moment unique. De retour sur le plancher des vaches, mon esprit vagabonde encore dans les airs, et il me faudra plusieurs heures avant d’atterrir vraiment !

 

Simon Daval / Photos Jean-François Lami

 

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