« Je fais des photos pour rencontrer des gens »

Posted on 7 décembre 2010

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Des déserts chiliens aux salars boliviens, le photographe Jean-François Lami a proposé un véritable voyage artistique aux visiteurs du festival international de nature de Montier-en-Der en Haute-Marne.

 

Lagunes colorées, salars démesurés, geysers aux formes épurées, le photographe franc-comtois a fait découvrir au public –plus de 40 000 visiteurs pour cette 14ème édition qui s’est déroulée 18 au 21 novembre- une véritable palette de paysages sud-américains, de l’Atacama au Sud Lipez. Ce n’est pas la première fois qu’il expose en Haute-Marne, dans ce lieu culte de la photo animalière et de nature : il a déjà présenté en 2000 un travail sur la flore et en 2003 une série d’image avec des détails de glace. Mais bien loin des clichés de faune réalisés en affût, Jean-François Lami, photographe au Conseil Général du Territoire de Belfort et collaborateur au magazine Pays Comtois, a réalisé un travail artistique sur les lumières et les couleurs incomparables de l’altiplano. Soucieux du graphisme, de la composition et des contrastes, il s’est imprégné de ce monde minéral bolivien et chilien et a proposé sa propre vision de ces lieux, si spacieux. Voilà déjà quelques temps qu’il arpente le globe à la recherche des plus beaux déserts. « Ce sont des endroits mystérieux, avec une énergie incroyable. Des lieux à la fois hostiles et qui permettent un vrai ressourcement », confie-t-il. Une telle exposition lui a permis avant tout de faire partager sa passion. « Le photographe ne doit pas vivre seul dans son coin, c’est au contraire la rencontre et l’échange avec d’autres et avec différentes sensibilités et formes d’art qui sont intéressantes et enrichissantes ». Ainsi, il a pris plaisir auparavant à exposer avec des potiers et même avec d’autres photographes (ce fut le cas d’ailleurs à la bibliothèque universitaire de Belfort en mars dernier). « Je fais des photos pour rencontrer des gens et surtout pour les interpeler. Si le spectateur est touché par une image, se questionne et y réfléchit, alors c’est réussi ». En jouant sur l’espace, les lignes, les focales et les dimensions, le photographe a presque « perdu » les visiteurs et leur a surtout permis de découvrir la magie de ces paysages. Un périple dans des terres situées à des milliers de kilomètres, là où la nature a encore toute sa place. Un sentiment d’évasion qu’il sera possible de vivre aussi normalement en Franche-Comté, puisque l’exposition devrait, elle aussi, voyager dans différents lieux. A suivre.

  

 Visiter le site du festival : www.festiphoto-montier.org

 

Simon Daval

 

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