« IDF1 contre TF1, c’est le pot de terre contre le pot de fer !»

Posted on 8 novembre 2010

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 La Dame au Chapeau était de passage à Belfort le 7 novembre dernier pour l’élection de Miss Franche-Comté (comité Geneviève De Fontenay), 18 ème étape sur 25 de son marathon de galas. Au coeur d’une tempête médiatique (article à venir sur le sujet) avec la société Endémol qui produit l’élection sur TF1, l’ancienne présidente du Comité Miss France a décidé de proposer SA propre élection nationale et de défendre bec et ongles les valeurs qui lui sont chères. Avant et après la soirée de gala, où Marina Pinto a été élue (c’est la troisième Miss Franche-Comté de la Région !), nous avons rencontré en loges, l’ancienne Miss Elegance. Disponible, elle a répondu à nos questions et s’est prêtée volontiers aux poses photos, entre des plateaux de saucisses de Morteau et ses articles de presse du moment, qu’elle a pris soin de nous montrer. Chapeau bien posé, foulard noué, rouge à lèvres prononcé et fleur noire et blanche épinglée, bienvenue dans le monde de l’élégance à la française.

 Comment s’annonce cette élection franc-comtoise, un peu « spéciale » ?

 Je suis très préoccupée par l’état de santé Michel Renard (qui organisait l’élection de Miss Franche-Comté aux côtés de Geneviève De Fontenay depuis 41 ans). Je suis très perturbée par ça. Il aurait été vraiment déçu qu’il n’y ait pas eu d’élection cette année et le fait qu’elle ait lieu (elle a été organisée par l’association des Orphelins de Pondichéry), je crois que quelque part, ça a remplacé les médicaments, ça l’a apaisé et rassuré. C’est une belle opération, des gens y ont mis leur coeur et ont amené tout leur savoir faire pour permettre ce rendez-vous.

 Quelle est l’image que vous défendez par rapport à celle d’Endemol ?

C’est celle que j’ai toujours donnée depuis un demi-siècle et qui s’est encore concrétisée ce soir. Je défends la dignité, les valeurs esthétiques, la beauté de la femme française. On a fait de cette Miss Paris 2010 (Kelly Bochenko) une célébrité avec ses photos pornographiques (les images ont été publiées dans le magazine Entrevues) . Elle dit dans les journaux que c’est grâce à ces images qu’elle est devenue célèbre, elle est restée dans cette ferme (Miss Paris a participé à la Ferme Célébrités 3) jusqu’au bout en sortant avec 40 000 €, là ça ne colle plus non plus ! Forcément, c’est ces filles là qu’on met en vedettes et qu’on honore alors que d’autres sont honnêtes. Tout ça, ce n’était plus acceptable. Ca avait déjà commencé avec Valérie Bègue et ses photos à moitié nue sur un croix (sorties également dans Entrevues), avec des pots de crèmes… Endemol, c’est aussi Secret Story. Je ne me reconnaissais pas dans tout ça, je n’avais plus ma place.

Est-ce que ça n’a pas été difficile de monter sa propre élection en parallèle ?

Non, et j’ai bénéficié du soutien de la presse. On dit qu’avec elle, c’est pour le meilleur et pour le pire, heureusement pour moi, c’est souvent le meilleur. Regardez ! (Geneviève De Fontenay sort des articles de journaux et de magazines). Paris Match vient de faire plusieurs pages, j’étais à Tourcoing pour une rencontre avec des lecteurs de Nord Eclair… Partout, c’est comme ça dans tous les journaux. J’ai bénéficié d’une image populaire et je la ressens de plus en plus, partout. « Geneviève gagne du terrain », « La France vaut bien deux Miss », regardez c’est toujours moi qui suis là, Dans Match, je suis en train de coudre, en train de repasser…

Comment vivez-vous cette « Guerre des Miss » ?

Je me souviens des élections avec Raymond Forni, Edgar Faure lorsque l’on présentait Miss France à l’Assemblée Nationale. Ce dernier avait même dit à l’époque que cette jeune fille était la réincarnation de la République. Je suis déçu car aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Chacun fait ce qu’il veut de son corps, mais ce n’est pas le rôle d’une miss ! Chez nous, elles doivent certifiées sur l’honneur qu’elles n’ont jamais fais de photos contraires à l’image de Miss. En province, les familles se connaissent, on sait d’où viennent les filles et ce qu’elles ont fait, dans le cas d’une Miss Paris c’était beaucoup plus difficile à cerner.

Pouvez-vous nous parler de la finale qui désignera la Miss Nationale 2011 ?

L’élection aura lieu sur IDF1 (une chaîne de télé d’Ile de France) le 5 décembre à Paris dans la belle salle Wagram, le lendemain de l’élection d’Endémol. Le public pourra voter en direct sur Internet. Je ne veux pas concurrencer Endemol , je fais mon élection, c’est tout. IDF1 contre TF1, c’est le pot de terre contre le pot de fer, ils feront un meilleur audimat c’est sûr, parce que les gens regarderont de toute façon par curiosité.

Quels sont les gains des Miss qui remportent les élections de votre comité ?

Nos miss sont payées directement par les organisateurs quand elles vont faire des prestations (entre 800 et 1 500 €), on emploie personne. Ce soir je suis venu pour rien, je n’ai pas touché un euro. Avant j’avais un salaire de 5000 euros avec Endemol, aujourd’hui je fais un trou dans mon compte en banque (Geneviève et Xavier -son fils- De Fontenay auraient reçu 6 millions d’euros lors de la vente de Miss France à Endemol en 2002). Mais j’ai fais une pub pour les cuisines Teissa à la Télé. (La Dame au Chapeau avait déclaré il y a quelques mois : « Je suis flattée d’avoir été choisie par cette société qui défend des valeurs qui sont miennes, liées à une tradition de l’élégance française […] Peut-être que la publicité va devenir mon seul avenir »)

Texte et photos Simon Daval

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