Gonflés à bloc !

Posted on 28 septembre 2010

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 A Arc-et-Senans, la Montgolfière est reine. Même si je ne suis pas le roi du ballon, j’ai découvert en compagnie du club local « Vents du Futur », la discipline rendue célèbre par les frères Montgolfier tout en contemplant le génie architecturale des salines. Rencontre avec un duo de Julien, l’un président-pilote, l’autre membre passionné. Des aérostiers forcément gonflés à bloc !

 Article à retrouver dans le Magazine Pays Comtois Numéro 85 (20 juillet – 20 septembre 2009) 

 
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 Il est 19h et nous avons rendez-vous derrière les salines d’Arc-et-Senans dans le Doubs, où nous allons décoller. Les membres du club « Vents du Futur » arrivent en … coup de vent et nous font signe de les suivre. Direction les champs où nous attendent les ballons. Je m’envolerai dans la montgolfière « Morbier » : un ballon certifié AOC ! « C’est le temps idéal, confie Julien Breuillot. Dans notre discipline, nous sommes forcément tributaires de beaucoup de facteurs. Nous volons pendant les 3 heures après le lever du soleil ou avant le coucher du soleil, pour ne pas avoir des turbulences dûes à la chaleur ». Alors que nous nous attelons aux préparatifs et au montage du matériel, Julien m’explique comment voler : « tu vas voir, techniquement, c’est très facile. Il faut mettre des coups de brûleurs pour maintenir le ballon chaud. Mais au moment où l’on chauffe, il ne se passe rient avant sept secondes, il faut savoir anticiper ». Au fil de la discussion, je comprends vite que la plus grosse difficulté est bel et bien de connaître les vents et de savoir s’en servir. Une chose est sûre, ce vol terminé, je ne serai toujours pas expert en aérologie. « C’est au fur et à mesure des heures de vol et avec l’expérience qu’on arrive à les maîtriser et à les dompter », confie le jeune président de « Vents du Futur ». Julien Chauvin, membre du club et passionné de montgolfière –il collectionne tout les objets qui ont un rapport avec la discipline- nous donne un coup de main pour l’installation des quatre bouteilles de gaz. « Elles sont remplies de propane, un gaz qui permet d’avoir une bonne puissance. Pour un vol standard, on consomme deux bouteilles mais comme la montgolfière, c’est aléatoire – on sait toujours où l’on décolle mais jamais où l’on va atterrir- on augmente la sécurité à bord avec deux autres ». En voilà, une bonne nouvelle !

 Le Morbier a fondu !

Il nous faut maintenant gonfler l’enveloppe de 2 600 m3 à l’aide d’un gros ventilateur. En une dizaine de minutes, la montgolfière a pris sa forme finale : décoiffant ! Un petit tour à l’intérieur avec prudence –l’enveloppe coute quand même 30 000 €, la nacelle 50 000 €- : grandiose. Quelques coups de brûleurs plus tard, la montgolfière est en position verticale. Je monte à bord et nous décollons. Petite appréhension : vais-je me sentir ballonné ? Pas du tout, l’envolée est extrêmement délicate. L’altimètre affiche déjà 200 m d’altitude –nous monterons jusqu’à 1 000m au final- et « au balcon du monde », accoudé à la nacelle, je contemple le génie architectural des salines. Sous un angle inédit, le demi-cercle de Claude Nicolas Ledoux est saisissant. Il n’y a pas un bruit, juste celui des chaleureux brûleurs. La Loue, le massif de la Chaux, les villages du Val d’Amour s’offrent à nous à l’heure du coucher de soleil : splendide ! Yann Arthus-Bertrand d’un soir, je cherche des repères dans le paysage, bien aidé par Julien qui connaît le panorama comme sa poche. La terre, vue du ciel n’est plus celle que l’on connaît : les moutons ne sont que de petits cailloux blancs, les prés des mini-figures géométriques colorées… A la radio, c’est l’autre Julien qui nous appelle. Notre « retrouving » nous suit « sur terre » en camionnette, pour nous récupérer à l’atterrissage. Après une bonne heure de vol, nous tirons la corde de la soupape « pour libérer l’air chaud contenu dans l’enveloppe et redescendre ». De la nacelle, nous apercevons des dizaines d’enfants du village de Chay qui accourent dans notre direction pour nous accueillir à l’atterrissage, au milieu d’un champ. Quel comité d’accueil ! « Vous nous avez apporté du Morbier », nous demande l’un d’entre eux. « Non désolé, avec nos brûleurs, il a fondu », répondons-nous. Sourires, discussions et décontractions… Julien Chauvin n’en revient toujours pas : « c’est fou quand même comme cette passion peut faire naitre des rencontres et rapprocher les gens » ! En vol ou sur terre, le plaisir et les joies de la montgolfière n’ont vraiment pas de frontières !

Surfez : http://www.ventsdufutur.fr

Texte Simon Daval / Photos Jean-François Lami

 

 

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