Lion : « Des œufs mollets en récompense ! »

Posted on 27 septembre 2010

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44″28′ pour terminer le 10 km – le petit Lion- cette année. Il y a deux ans, il m’avait fallu une heure de plus pour boucler mon premier (grand) Lion. Les impressions datent déjà de deux années, mais les sensations sont pourtant toujours les mêmes. Bien plus qu’une histoire de temps ou de placement, cette course du Lion -qui rallie Belfort à Montbéliard (ou l’inverse)- permet à des milliers d’amateurs, de se dépasser, de se faire mal pour enfin rugir de plaisir.  « Voilà, j’y étais et je l’ai fait« , c’est ce que se disent chaque année, les jeunes et moins jeunes qui s’adonnent à cette fête.  En plus d’un quart de siècle, la Cité du Lion comme celle des Princes a reçu de bien belles leçons de courage. Démonstration.

 

Nous sommes plus de 2000 au départ. Encore un petit pipi et c’est parti ! Un coup de feu plus tard et il faut déjà se la jouer stratégique pour se frayer un chemin dans ce parterre de guiboles ! Les kilomètres défilent, les spectateurs aussi et le début de course est agréable. Je me marre à en regarder quelques-uns se soulager la vessie et puis je m’’amuse à compter les crachats écrasés sur le sol. « Il y’a déjà eu du monde de passé ici ! » Plus loin, coup d’œil sur le chantier de la LGV : Ligne à Grande Vitesse. C’est décidé, j’accélère ! Et tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu’au 13ème km où les premières douleurs se font sentir. Les jambes crient déjà au scandale et pourtant il reste des bornes ! « T’as plutôt intérêt à ne pas te décourager mon gars, si tu ne veux pas trop te choper la honte dans le journal demain ! ». Alors on doute, oui, on préférait être à la place de mamie confortablement installée sur son transat, mais on s’accroche et on capte chaque applaudissement, chaque signe, chaque regard, chaque encouragement, lancés par centaine le long du parcours. Muse, Daft Punk dans les oreilles puis Cali, 1000 cœurs debout et premiers frissons : « Nous sommes des milliers, un fleuve extraordinaire, notre force est sublime, elle emportera tout ». Ces 1000 cœurs debout m’encouragent. Je ne les connais pas, mais ils sont là pour moi, pour nous tous ! J’aimerais sur  la course, les remercier, mais mon souffle s’y oppose ! Encore 5 kms et les premières auto-insultes : « Mais quel con ! Quelle idée de t’épuiser pendant 21 kilomètres ? ». Il n’y a qu’une chose qui compte : arriver et vite ! Alors je m’accroche et je fonce. Des banderoles, la foulée bien agréable d’une coureuse féminine, les mains des enfants, des proches qui m’encouragent et voilà, entre autres, ce qui me donne encore des ailes – bien déplumées quand même ! Dernier sprint final et voilà l’arrivée, le corps en compote et dans un état second. Ca y est, c’est fini ? Non ! Le semi-marathon ne s’arrête pas là, il faut patienter et souffrir pour approcher les ravitaillements. Mais quelques minutes plus tard, je loue Rivella  comme jamais je ne l’ai fait… Quelques marches à grimper – un calvaire – et me voilà au vestiaire et vite direction la salle de massage. : « Avec les œufs que vous avez là, vous avez fait le semi-non ? ». Des œufs mollets en récompense et une grande fierté surtout, celle d’avoir inscrit mon nom au classement du 25ème Lion. Mes jambes s’en souviendront, mais je reviendrai l’année prochaine. Eh oui, car comme tous les « sportifs », je suis maso, j’ai souffert mais …  j’aime ça !

 Simon Daval

(Article paru dans l’édition du journal Le Pays du 29/09/08)

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