Indochine : »On était totalement inconscients à l’époque ! »

Posted on 7 août 2010

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16 ans après son premier passage à Colmar, Nicola Sirkis d’Indochine a retrouvé la « coquille » alsacienne où l’attendait 10 000 personnes. Proche de son public, il a tenu à lui réserver quelques surprises. Arrivé un jour en avance, le groupe a pu répéter comme il se doit et proposer ainsi, des morceaux inédits, comme une version piano de « Un jour dans notre vie », que le chanteur n’avait pas interprété depuis 1992. « Ce n’est pas le Stade de France, mais le Stade de Colmar », a-t-il lâché au beau milieu de son concert de 2h30 ! « Putain de Colmar ! » Véritablement ému par ce concert, Nicola Sirkis n’a pas attendu longtemps pour le faire savoir sur la toile. Sur son compte twitter, il est aux alentours de minuit lorsqu’il twitte quelques photos du concert et une vidéo (« Nuit d’étoiles en Alsace ») : « Le plus beau concert ici, merci ! […] Vive l’Alsace ! […] Vous m’avez tellement ému ». Oui, il y a de ces artistes dont la sincérité n’est pas surjouée. Son rapport avec le public, sa tournée, le futur album, le concert au Stade de France -le groupe a d’ailleurs annoncé qu’il s’y reproduirait…. Interview du leader du groupe Indochine, trois heures avant son entrée sur scène.

 La tournée :

Nicola Sirkis : « Ca fait un an et demi qu’on est sur la route et on travaille depuis deux ans sur ce projet là. On va s’arrêter le 15 septembre pour prendre trois semaines de vacances. On s’est bien amusé et on va bien s’amuser encore d’ailleurs. Cette tournée a été incroyable au delà de tout ce qu’on a pu imaginer, on n’a jamais fait autant de monde. Ca veut dire que ce que les gens ont envie de voir, de revoir ou de découvrir ce que l’on fait sur scène. » 

 Le tarif des concerts :

N.S : « C’est une exigence d’avoir des prix « bas ». Il y en a qui veulent gagner beaucoup d’argent, nous ce que l’on gagne, ça nous suffit. Et la musique est quelque chose de sacré et nous ne sommes pas là pour piller le public. Notre tournée est à 35 €, ce qui est déjà pas mal. En faisant les comptes, tout cela permet à toute l’équipe de vivre dignement. Les gens payent pour venir nous voir et je trouve ça déjà exceptionnel. On n’est pas là pour s’acheter un yacht de plus – déjà qu’on en n’a pas. Il y a une certaine partie de nos « collègues » qui font ça pour gagner beaucoup d’argent. Nous avons une certaine dignité et éthique. On donne de l’émotion et on la vend, c’est déjà pas mal. »

 Le festival « La Foire aux Vins » :

N.S : « Le problème de ce festival, c’est son nom ! Quand on m’a dit la première fois, tu vas passer à la Foire aux Vins, je me suis dis qu’est-ce qu’on va aller foutre là dedans […] c’est une foire de poivrots. Et en fait non, on s’aperçoit que c’est totalement différent. Il faudrait que le festival s’appelle plutôt « The Wine Festival Music ». L’alcool que je préfère, c’est le vin mais ça reste de l’alcool ! Je vais bientôt « reboire », le 16 septembre sûrement, avec modération. Jusque là j’ai dû boire deux verres de vin en un an et demi. […] En tout cas, j’adore jouer ici, il se passe quelque chose parce qu’on est au coeur du public et on est en plein été, les gens sont présents.» 

 

 Le public :

N.S : « Le fait de partager de l’émotion avec un public, c’est incroyable, le fait que des gens réagissent à ce qu’on écrit ce qu’on ressent, c’est ce qu’il y a de plus magique. C’est même extraordinaire. Si en plus, on peut vivre de ça, c’est parfait.»

 L’Indochine « d’avant » et de « maintenant » : 

«Je suis beaucoup plus fier de l’Indochine de maintenant que l’Indochine d’il y a 30 ans. On était totalement inconscients à l’époque de se présenter sur scène sans savoir rien du tout, il fallait un sacré culot. Je suis très dur avec moi même, maintenant ça va, le fait d’avoir travaillé, c’est digne d’être applaudi. Au début, je me suis dit putain qu’est-ce que je chante mal, j’écris mal, maintenant ça va. En fait j’aurais dû avoir 30 ans de Star Academy avant avec des cours (rires). Non mais je me suis formé sur le tas, c’est la meilleure école. Ce public nous a donné le pouvoir de nous améliorer aussi.»

 Le Stade de France :

N.S : « Faire un stade de france, c’est tout à fait irrationnel, c’est déjà un complexe sportif, donc faire un concert à endroit pareil c’est complètement fou. Ceux qui étaient peuvent vous dire que le son était bien soigné. Mon objectif, c’était comme à Bercy, de rendre cet endroit un peu intime et on a réussi à faire ça. On est arrivé à faire d’un stade, un moment magique.» 

Nouvel album : 

N.S. : « Le 16 septembre, tout redémarre à zéro, on veut pas vivre sur notre capital et on a cette chance d’être un groupe où chaque nouvel album compte pour beaucoup les gens. Ils écoutent aussi bien les nouveaux que les anciens morceaux. Alors soyons dignes de notre public et essayons de faire un putain de nouvel album. Vous avez compris ? (s’adressant à son guitariste et à musicien) » 

 Propos recueillis par Simon Daval

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