Eurockéennes – Sophie Hunger : « Sortir des partitions pour jouer avec son coeur »

Posted on 29 juin 2010

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Sophie Hunger aux Eurockéennes 2009 (photo Simon Daval).
 
 

Avec une musique qui oscille entre le folk et la pop, la zurichoise Sophie Hunger a su charmer par sa sensibilité. Alors qu’elle vient de sortir « 1983 » (le 12 avril), son nouvel opus, nous l’avons rencontrée avec Christian Prader, l’un de ses musiciens (flûtiste et guitariste), lors des répétitions d’une création (avec Piers Faccini et Patrick Watson) à découvrir ce vendredi 2 juillet à 18h sous le chapiteau des Eurockéennes. Autour de choristes et de musiciens des conservatoires de musique de Delémont et de Belfort, elle mêle son univers au classique sans pour autant sacrifier ce qui fait l’essence même de ses morceaux. Interview.

 

 Simon Daval : qu’est-ce que vous apportent cette création, ces rencontres et ces échanges avec de jeunes musiciens et choristes ? 

Sophie Hunger : Ca me donne une expérience forte de la musique classique que je connaissais seulement par les Cds. De voir comment fonctionne un orchestre, comment la musique est construite de A à Z, c’est très différent et vraiment incroyable. J’examine ce style de musique, pourquoi ils jouent de cette manière, pourquoi ils lisent les notes comme cela. La musique classique, c’est vraiment la « terre », la base de tout.  

Christian Prader : Moi, je suis musicien classique et je me souviens de moi-même à cette place là dans l’orchestre, quand j’étais jeune. Et pour eux, c’est super, ça leur apporte quelque chose de plus vivant que le « classique ». C’est un peu plus proche peut être de ce que les jeunes écoutent habituellement, à savoir de la musique pop-rock, pour la plupart. 

S.D. : N’est-il pas difficile d’adapter votre univers musical à celui de la musique classique ? 

S.H : Ce n’est pas facile, c’est vrai. La grande différence c’est que dans « notre » musique, il y a plein de gens qui ne savent pas vraiment ce qu’ils font mais qui s’obligent à « écouter » et, ça c’est très important. Dans la musique pop, le mot d’ordre, c’est vraiment d’écouter, de jouer et de ressentir les choses, d’être capable d’improviser, d’être très flexible. Et dans la musique classique, c’est très différent, si ce n’est pas écrit, ça ne peut pas exister. Parfois, il faut vraiment essayer de sortir des partitions pour jouer avec son cœur, suivre la chanson et ce qu’elle procure plutôt que de suivre les lignes. 

C.P : Les chansons que l’on joue sont les mêmes que celles de nos concerts ; l’histoire qu’on raconte avec les morceaux est la même. Mais pour s’adapter, on change des choses, on fait des arrangements, tout en gardant la même énergie, la même dynamique. Le but, c’est de trouver une vraie unité avec l’orchestre. Pours nous, c’est bien plus qu’un concert ordinaire !  

S.D. : L’aboutissement de ces répétitions prendra véritablement vie avec les festivaliers aux Eurockéennes, le vendredi 2 juillet. Que va représenter pour vous ce concert, comment le voyez-vous ? 

S. H : Je souhaite vraiment à nous tous, qu’au moment où l’on va commencer à jouer sur scène, que l’orchestre, mes musiciens et moi, nous soyons vraiment tous ensemble. Que l’orchestre ne soit pas seulement là comme quelque chose de « design » mais que chacun d’entre nous connaisse les morceaux et leurs âmes, que chaque personne puisse avoir sa propre histoire avec ses chansons et qu’il ne s’agisse pas seulement d’une simple « lecture ».  

S.D. : Dans votre dernier album, vous avez repris « Le vent nous portera » de Noir Désir, vous aimez aussi interpréter à votre manière « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, et en France, c’est à Paris que vous avez joué vos premiers concerts. Que représente la France pour vous et la langue française en général ? 

S.H : J’adore la langue française et en même temps, je ne la connais pas très bien et je ne suis donc pas « chargée » par la tradition. Je suis nouvelle et c’est facile pour moi de jouer avec ça. Je n’ai pas de sorte de « morale » et je peux ainsi apporter ma touche personnelle dans les interprétations que je fais.  

 

Y aller : www.eurockeennes.fr

Ecouter : myspace.com/sophiehunger

 

 Propos recueillis par Simon Daval

 

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